samedi, 18 août 2007
C'est du belge !
J'apprends qu'à Bruxelles, au hit-parade des dix prénoms masculins les plus donnés pour l'année 2006, les sept premiers sont (roulement de tambour) :
Mohamed, Adam, Rayan, Ayoub, Mehdi, Amine et Hamza. (tonnerre d'applaudissements...)
- Et alors ? me demande, faussement ingénu, la belle âme antiraciste de service.
- "Et alors ?" ?!... Eh bien... Peut-être cela a-t-il un sens, non ?
- Ah, oui, sans doute. Et quel est celui que vous lui attribuez ?
- ... Le fait que cela m'interpelle fait-il de moi un raciste ? répliquai-je un peu sur la défensive.
- Mais non, absolument pas ! Enfin pas encore. Vous disiez que cela avait... "du sens".
- Oui. Enfin, je me disais que cela devait en avoir. Je m'interrogeais.
- C'est tout à fait normal, de s'interroger. Et sain.
- Il me semble, oui. Vous vous interrogez sûrement aussi, d'ailleurs, n'est-ce pas ?
- ... Bien sûr.
- Et... Vous en pensez quoi ?
Un large sourire déforma lentement sa grande bouche humide tandis que ses yeux se mirent à briller.
- Ce questionnement surgissant spontanément est un signal, dit-il doctement en appuyant sur le dernier mot. Il est une survivance de nos réflexes xénophobes. Il est ce qui nous permet de rester vigilant vis-à-vis de nous-mêmes. De nous surveiller.
- Je crains de comprendre ce que vous dites.
- Et vous n'êtes pas d'accord, je suppose. Je m'en doutais.
- Donc, là, ça y est : je suis raciste ?
- Oui. Enfin, il faudrait un interrog... une discussion plus poussée afin d'affiner le diagnostic : ce peut être seulement de l'islamophobie. Enfin, je dis "seulement", mais ce n'est pas moins grave.
- Naturellement... Et que dois-je faire ?
- Dans tous les cas, gardez votre sang-froid : ce n'est pas incurable. Pour l'heure, répétez après moi : nous sommes tous égaux.
- Nous sommes tous égaux...
- Toutes les cultures se valent.
- Toutes les cultures se valent...
- On m'a éduqué de manière à ce que les germes de l'intolérance et du racisme soient en moi.
- On m'a éduqué de manière à ce que les germes de l'intolérance et du racisme soient en moi...
- Et je dois les combattre à chaque instant.
- Et je dois les combattre à chaque instant...
- C'est un bon début.
- Merci, vous me rassurez.
Il fut clément à mon égard, je le sais : il aurait pu me dénoncer, mais il ne l'a pas fait. Plutôt sympa, comme type, finalement.
En le quittant, je repensai à cet ami d'enfance qui s'était converti à l'islam afin d'épouser une musulmane. Venant d'une famille très catholique, son côté rebelle s'était émoustillé de cette perspective. Et cela s'était fait comme une nécessité, une formalité sans importance, une expérience originale, exotique.
Et comme je sentais qu'une mauvaise pensée allait suivre ces considérations, tout honteux, je décidai que j'allais devoir me convertir, moi aussi. Inch'allah.
18:50 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : islam, natalité, démographie, conversion, rahlouf

