samedi, 31 mai 2008

L'influence de l'Islam

Je sais, l'épilogue est à rallonge, mais l'actualité me fournit l'occasion d'une ultime note (promis !) pour partager avec vous le cinquième chapitre du livre de Jacques Ellul, La subversion du christiannisme.

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L'influence de l'Islam

 

 

On a rarement souligné l'influence de l'Islam sur le christianisme, c'est-à-dire sur la déformation et la subversion que subit la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Elle a pourtant été considérable entre le IXe et le XIe siècle. On a vécu longtemps sur l'image d'une chrétienté stable et forte, attaquée, assiégée en quelque sorte par l'Islam. Celui-ci conquérant sans limite, avec vocation universelle (comme le prétendait le christianisme lui-même), n'a cessé d'étendre son empire, dans les trois directions, vers le sud, avec son expansion dans l'Afrique noire principalement en suivant les côtes, et descendant au XIIIe siècle jusqu'au Zanzibar par exemple ; vers le nord-ouest, conquête de l'Espagne et envahissement de la France jusqu'à Lyon d'un côté et Poitiers de l'autre ; vers le nord-est avec toute l'Asie Mineure jusqu'à la prise de Constantinople. L'Islam continuera ensuite avec les Turcs à menacer sans cesse les Balkans, l'Autriche, la Hongrie, etc. C'est une vision très manichéenne, très guerrière, et de même que l'on conçoit difficilement des contacts profonds au cours d'une guerre entre les ennemis, de même dans cette guerre permanente comment l'Islam aurait-il influencé le christianisme ?

L'admirable livre de H. Pirenne, Mahomet et Charlemagne, a magnifiquement montré les conséquences économiques et politiques de cette menace guerrière permanente. Mais on a souligné depuis combien manquait l'étude des relations.Or, cela est d'autant plus curieux que par ailleurs, dans le domaine de la philosophie on savait parfaitement que la pensée d'Aristote avait pénétré en Europe grâce à la traduction net aux commentaires d'un philosophe arabe, Averroès (XIIe siècle) et que l'on peut constater l'influence d'Avicenne dès le XIe siècle. Par ailleurs, on reconnaissait aussi que l'influence arabe avait été grande dans les domaines scientifiques, calcul, algèbre, mais aussi médecine, agronomie, astronomie, physique... tout cela était admis et bien connu.

Un peu plus loin, il est indéniable que l'influence arabe se manifeste dans les « arts de l'oeuvre au noir », la magie, les diverses « mancies », l'alchimie, la recherche de la pierre philosophale, la musique au XIIe siècle. Bien entendu, on connaît parfaitement l'influence arabe sur l'art militaire, sur la cavalerie, etc., et dans certains domaines techniques (irrigation), de même encore en architecture. Enfin on soulignait régulièrement que c'était aux Croisades et au fait de la relation que les croisés ont eue avec les Arabes que bien des transformations de tous ordres ont eu lieu, ne serait-ce que par l'apport d'arbres fruitiers (cerisiers, abricotiers) en France. Tout ceci est très banal. Or ceci veut dire indiscutablement qu'entre les deux ennemis représentés comme irréconciliables il y avait des relations culturelles, intellectuelles, des échanges, des connaissances qui circulaient. A la vérité, il semble que les connaissances aient circulé assez à sens unique : venant de l'Islam et du monde arabe vers l'Occident, beaucoup plus arriéré et « barbare* ».

[*Ce qui d'ailleurs a fait regretter à certains fervents de l'Islam que les Arabes aient été finalement vaincus et refoulés. Quel merveilleux empire civilisé on aurait eu si l'Europe avait été tout envahie. Cette prise de position, inverse de celle qui avait cours jusque vers 1950 en histoire, conduit à oublier les horreurs de l'Islam, la cruauté affreuse, la torture généralisée, l'esclavage, et l'intolérance absolue malgré les bons apôtres qui soutiennent la tolérance de l'Islam. Nous y reviendrons. Il suffit de constater que partout où l'Islam s'est installé, les Églises si vivantes, si fortes d'Afrique du Nord et d'Asie Mineure ont simplement disparu. Et que toutes les cultures originelles différentes que Rome et les Germains avaient respectées ont été anéanties, dans tous les lieux conquis par les Arabes.]

 Il reste deux domaines qui, à ma connaissance, n'ont jamais été étudiés dans cette optique : le droit et la théologie ! Or, comment croire, admettre, concevoir que des échanges aient eu lieu sur le plan intellectuel, commercial, économique, sans que cela ait comporté des conséquences dans ces disciplines. On reconnaît par exemple que la lettre de change a sans doute été inventée par les Arabes et adoptée par les Occidentaux pour faciliter le commerce maritime. Mais bien d'autres secteurs du droit ont dû être influencés. Je ne serais pas éloigné de croire que, par exemple, le statut de serf ait été une imitation occidentale du dhimmimusulman. De même, l'importance du droit religieux. Je suis convaincu qu'une partie du droit canon a son origine dans le droit arabe. Et ceci nous conduit, en effet, au « christianisme ».

Comment imaginer qu'il y ait eu une influence reconnue et admise sur la philosophie, sans que cela se répercute sur la théologie ! Bien entendu tout le monde sait que le problème résolu par Thomas d'Aquin fut précisément celui de l'affrontement entre la théologie classique et la philosophie d'Aristote. Mais on fait le pont par-dessus les Arabes. On parle : philosophie grecque/théologie chrétienne. Or, cette philosophie grecque, si fidèles qu'aient été les interprètes arabes, était transmises par eux. C'est au travers de la pensée arabe-musulmane que l'on saisit le problème à cette époque. On ne peut donc pas concevoir que l'influence arabe ait été nulle sauf en ce qui concerne Aristote !

Par ailleurs on reconnaît apparemment très vite qu'il y a des points communs, des points de confrontation parfaitement aisés : christianisme et islam sont deux religions monothéistes et deux religions fondées sur un livre. De même l'importance accordée dans l'islam au pauvre. Sans doute, il y a rejet d'Allah par les chrétiens, parce qu'il y a négation de Jésus-Christ comme Fils de Dieu, il y a rejet du Coran qui ne peut être conçu comme inspiré par Dieu. Et inversement il y a rejet de la Trinité au nom de l'Unicité de Dieu, et absorption de la Bible entière comme préalable, introduction, préface au Coran. Au fond, avec la Bible chrétienne, les musulmans font ce que les chrétiens ont fait avec la Bible hébraïque. Mais sur cette base commune, il y a forcément rencontres, disputes, discussions, et de ce fait ouverture. Même quand on refuse et récuse, on ne peut pas ne pas subir la question qui a été posée.

Il semble que les intellectuels et théologiens musulmans aient été beaucoup plus forts que leurs répondants chrétiens. Il semble qu'il y ait eu influence de l'Islam, mais non la réciproque. Ce qui m'intéresse ici, ce n'est pas tellement le problème philosophique ou les formulations théologiques, qui restaient forcément à l'intérieur d'un petit cercle intellectuel, c'est au contraire comment les influences islamiques ont changé des pratiques, des rites, des croyances, des attitudes devant la vie, tout ce qui est du domaine des croyances et de la conduite morale ou sociale. Ce qui constitue la chrétienté. Là encore, tout le monde sait que dans le royaume franc de Jérusalem, les chevaliers français installés en Palestine ont adopté rapidement quantité de moeurs et de coutumes venant de l'Islam. Mais ce n'est pas cet exemplaire exceptionnel qui est important. C'est l'importation en Europe, c'est le fait de l'imitation inconsciente, le fait de s'être situé sur le terrain choisi, délimité par celui que l'on voulait combattre. Je laisserai donc de côté la théologie pure, la différence entre Thomas d'Aquin et une théologie biblique par exemple, et l'influence d'Aristote pour m'intéresser à d'autres problèmes.

 

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Je crois qu'en tout point l'esprit de l'Islam est contraire à celui de la Révélation de Dieu en Jésus-Christ. Déjà le fait fondamental : Dieu ne peut pas être incarné. Dieu ne peut pas être autre chose que le juge souverain qui ordonne à sa volonté toute chose. Et puis l'intégration absolue de « religion-politique-droit ». L'expression de la volonté de Dieu se traduit inévitablement dans du droit. Il n'y a pas de droit qui ne soit religieux, inspiré par Dieu, et réciproquement, toute volonté de Dieu doit se traduire en termes juridiques. L'Islam poussait à l'extrême une tendance virtuelle de la Bible hébraïque, mais alors que tout ceci était symbolique du spirituel, et avait été transcendé par Jésus-Christ, avec l'Islam nous revenons à la formulation juridique comme telle.

J'ai démontré ailleurs que la double formulation « avoir un droit » et « droit objectif » était contraire à la Révélation. Ceci, bien entendu, ne peut qu'être contesté par tous les tenants du jus naturalismeet de la théologie classique. Je crois pourtant que cette révélation de l'amour, tendant à établir une relation d'amour (et celle-là seulement) entre les hommes, à tout faire reposer sur la grâce et à donner aux hommes le modèle de relations exclusivement gratuites, est vraiment le contraire du droit où tout se mesure en « doit et avoir » (le contraire de la grâce) et en « devoir » (le contraire de l'amour).

Dans la mesure où nous ne sommes pas dans le royaume de Dieu, on ne peut bien sûr atteindre à cette relation pure de l'amour et de la gratuité, à cette relation parfaitement transparente. Le droit subsiste donc inévitablement. Mais il faut le reconnaître comme une simple utilité (parce qu'on ne peut pas faire mieux) et un mal nécessaire (qui reste toujours un mal !). Or, cette compréhension n'aurait eu rien de commun avec celle qui, au contraire, magnifie le droit à l'extrême, en fait l'expression de la volonté de Dieu et la formulation en termes juridiques du monde « religieux ». Le droit devenant une valeur éminente. Les chrétiens avaient déjà été extraordinairement influencés dans ce sens par le milieu romain. On ne pouvait exclure, minimiser cette valeur du droit romain, nous l'avons vu. Mais voici que tout rebondit avec les Arabes. C'est maintenant l'union intime droit-volonté de Dieu.

Le juriste est le théologien. La théologie devient autant juridique que philosophique, et la vie se trouve insérée dans du droit autant et plus que dans une éthique. Tout le religieux devient juridique. Il n'y a de juge que d'affaires religieuses, et la jurisprudence devient théologie. Ceci va donner une impulsion énorme à la juridicisation de la chrétienté. Le droit canon se multiplie à l'image de ce qui se faisait en Islam. Et si tout n'a pas été absorbé, c'est que les féodaux, les rois, restaient très hostiles à cette croissance du pouvoir de l'Eglise, et aussi que les coutumes (laïques) s'opposaient fermement à cette sanctification. Mais l'esprit juridique pénètre fondamentalement l'Eglise, et j'affirme que c'est à la fois sous l'influence de l'Islam et en réponseà ce droit religieux islamique. Il fallait, n'est-ce pas, faire aussi bien.

En outre, cela arrangeait assez les autorités ecclésiastiques, et leur fournissait un moyen de gouvernement. On aurait bien voulu que tout fût ramené au droit canon et aux officialités, comme dans le monde musulman. L'Eglise aurait alors régné sans partage ! Mais dans l'Islam, il y a corrélation indissoluble entre religion-droit etpouvoir politique. Là encore, ce qui était apparu avec le constantinisme, et que nous avons vu, va recevoir une nouvelle impulsion avec l'Islam. Tout chef politique. Tout chef politique est en même temps le Seigneur des croyants. Il n'y a pas de séparation entre Eglise et pouvoir politique. Celui-ci est le chef religieux. Il est représentant d'Allah ; ses actes politiques, militaires, etc., sont des actes inspirés.

Or, ceci est bien connu en Europe, la prétention du roi ou de l'empereur, dès ce moment, sera d'être non plus le bras séculier de l'Eglise, mais le titulaire du pouvoir spirituel. Il veut que l'on reconnaisse qu'il est, lui, personnellement choisi par Dieu, élu du Tout-Puissant. Il faut qu'il ait une parole prophétique, un pouvoir de faire des miracles. Sa parole et sa personne doivent être sacrées.

Bien entendu ceci existait partiellement avant l'Islam. Mais ce n'est pas pour rien que toute cette théologie, cette liturgie, cette conception impériale se développent d'abord à Byzance au contact premier avec l'Islam, et gagnent ensuite seulement l'Occident. Le pouvoir royal devient religieux non seulement par alliance avec l'Eglise mais par influence de cet Islam, qui est encore beaucoup plus une théocratie que ne le fut jamais l'Occident. Théocratie où seul Dieu est roi, certes, mais où le vrai représentant de Dieu sur la terre est le chef politique, puisque, comme on l'a très justement dit, c'est une « théocratie laïque », c'est-à-dire sans organisation religieuse, sans clergé, sans institution ecclésiastique : on pouvait s'en féliciter, mais cela impliquait alors que seul le pouvoir politique est religieux. L'Islam ne connaît pas la dualité Eglise-Etat, avec ses conflits, mais aussi avec la limitation que cela impliquait pour le pouvoir politique.

On comprend alors parfaitement le souhait, le désir, la tentation des rois et empereurs d'Occident d'être eux aussi seuls représentants de Dieu sur terre, allant beaucoup plus loin par conséquent que Constantin. La formule selon laquelle « l'empereur est évêque du dehors » ne leur suffit pas. Je suis certain que le modèle islamique a joué en faveur de l'émancipation des rois, de leur prétention à créer, depuis le XIVe siècle, une Eglise dépendant entièrement du pouvoir politique. Bien sûr, dans ce grand débat, on ne pouvait faire valoir cet argument ! Quel aveu que déclarer prendre ces affreux infidèles comme modèle !

Or, doublant cette importance majeure du pouvoir politique, il y a bien entendu l'importance, la glorification de la guerre pour répandre la foi. Cette guerre est un devoir de tout musulman. Il faut que l'Islam devienne universel. Il faut étendre non pas tellement son pouvoir mais la vraie foi à tous les peuples en les contraignant par tous les moyens, et forcément la guerre. D'où l'importance en même temps du pouvoir politique, qui est guerrier par essence. Les eux sont étroitement conjugués. Le chef politique mène la guerre nécessaire pour la foi, donc il est chef religieux et comme seul représentant de Dieu, il a à combattre pour étendre l'Islam. Cette énorme importance de la guerre est totalement oblitérée de nos jours, dans les milieux intellectuels où on s'émerveille de l'Islam, et où on veut le donner à nouveau comme modèle. La guerre est inhérente à l'Islam. Elle est inscrite dans sa doctrine, elle est tantôt un fait de civilisation, tantôt un fait religieux mais ne peut pas en être séparée. Elle est cohérente à la conception même du Dar al ahrb, le monde entier ayant vocation d'être islamisé par la conquête arabe. La preuve de ceci n'est pas seulement théologique, elle est historique : à peine la religion musulmane a-t-elle été prêchée, aussitôt et comme conséquence immédiate, la conquête militaire commence. De 632 à 651, en vingt ans, après la mort du Prophète c'est une fulgurante guerre de conquête, invasion à l'ouest de l'Egypte et de la Cyrénaïque, au centre du reste de l'Arabie, à l'est de l'Arménie, de la Syrie, de la Perse. Dans le siècle qui suit, la totalité de l'Afrique du Nord et de l'Espagne, et à l'Est jusqu'à l'Inde et au Turkestan. Tout cela, non par la vertu et la sainteté, mais par la guerre.

Pendant trois cents ans, le christianisme s'est étendu, lui, par la prédication, la bonté, l'exemple, la moralité, l'encouragement aux pauvres. Et quand l'Empire devient chrétien, la guerre est mal tolérée par les chrétiens. Elle reste, quoique menée par un empereur chrétien, douteuse et mal jugée. Elle est souvent condamnée. On accusera les chrétiens de miner intérieurement la force politique et la puissance militaire de l'Empire. Pratiquement, les chrétiens vont rester critiques à l'égard de la guerre, jusqu'à la pénétration de l'image flamboyante de guerre sainte. Autrement dit, quelles que soient les atrocités qui se sont produites dans les guerres menées par des nations dites chrétiennes, la guerre est toujours en contradiction avec l'Evangile, et les chrétiens le savaient toujours, plus ou moins. Elle était jugée et mise en question.

Dans l'Islam, au contraire, elle était toujours juste et constituait un devoir sacré. Cette guerre destinée à convertir les infidèles est juste et légitime, parce que, répète-t-on dans la pensée musulmane, l'islam est la seule religion conforme de façon parfaite à la Nature. Si l'homme restait naturel, il serait forcément musulman. S'il est autre chose, c'est qu'il a été induit en erreur et détourné de la vraie foi. En faisant la guerre pour le contraindre à l'islam, on le ramène à sa propre nature. CQFD. [...]

La fameuse histoire de Charlemagne convertissant par la violence et à peine de mort les Saxons n'est que l'exacte imitation de ce que l'Islam faisait depuis deux siècles. Mais si la guerre a pour but de convertir au christianisme, on comprend que très vite elle prenne aussi l'aspect de guerre sainte. Guerre menée contre les infidèles et aussi contre les hérétiques (on sait à quel point, à l'intérieur du monde musulman, la guerre contre les hérétiques dans l'Islam fut impitoyable). Mais l'idée de guerre sainte est directement issue du Djihadmusulman. Si celui-ci est guerre sainte, évidemment la lutte contre eux et pour défendre ou sauver le christianisme ne peut être que guerre sainte aussi. L'idée de guerre sainte n'est pas d'origine chrétienne. Jamais les empereurs n'ont avancé cette notion avant l'apparition de l'Islam.

Depuis un demi-siècle, les historiens cherchent aux Croisades d'autres explications que la toute bête idée autrefois admise et conforme au discours et à la prédication selon laquelle il s'agissait de délivrer les Lieux Saints. On a « démontré » que les Croisades avaient des objectifs économiques. Ou encore qu'elles étaient provoquées par le pape pour des motifs politiques divers (assurer sa propre prééminence en épuisant les royaumes, ou encore reforger l'unité de la chrétienté qui s'effritait), à moins que ce ne soit un moyen pour les rois de ruiner les seigneurs qui leur disputaient le pouvoir. Et encore, que ce soient les banquiers génois, florentins, barcelonais pour avancer de l'argent aux croisés et toucher de fabuleux bénéfices, etc. Mais il y a un fait radical : la croisade est l'exacte imitation du Djihad. Y compris, par exemple, le salut garanti, assuré ; celui qui meurt dans le Djihad va tout droit au paradis. Et ceci sera repris pour les croisés. Ce n'est pas une coïncidence : c'est une très exacte identification.

[...] Nous trouvons là une suite, une confirmation terrible du vice qui déjà rongeait le christianisme : la tentation de puissance, de violence, de domination. Lorsqu'on lutte contre un mauvais adversaire avec les mêmes armes, les mêmes moyens que lui, on s'identifie forcément à lui. La juste cause est inévitablement corrompue par de mauvais moyens. La non-violence, la non-puissance de Jésus-Christ se transforme en guerre pour lutter contre la guerre menée par l'adversaire et comme celle-ci est une guerre sainte, la nôtre le devient aussi. Ce fut assurément une des perversions majeures de la foi en Jésus-Christ et de la vie chrétienne. [...]

 

Reste à examiner une tout autre subversion : celle qui concerne la piété, la relation à Dieu. Et en premier lieu l'influence de ce que nous avons déjà mentionné accidentellement, à savoir que le petit enfant naissant naît musulman, puisque l'Islam est conformité parfaite à la nature. Les sages diront alors que c'est ensuite par une mauvaise influence, celle des parents, celle du milieu « culturel », que ce bébé naturellement musulman est dévié de la vérité, et devient juif ou chrétien ou païen, etc. Or la pensée évangélique est diamétralement opposée. On devient chrétien uniquement par la conversion. C'est une mutation de l'ancien homme, naturellement perverti, qui s'effectue par l'action du Saint-Esprit et qui fait de lui un homme nouveau. Seule la conversion, et quand elle est consciente, reconnue, qu'il y a « foi du coeur et confession » de la bouche », produit un chrétien. Cette nouvelle naissance, opposée à la naissance naturelle, est confirmée par le signe extérieur du baptême qui semblait impliquer une reconnaissance expresse de foi. Mais progressivement cette rigueur va s'atténuer, il y a tout le problème de l'analyse des sacrements qui s'effectue chez les Pères de l'Eglise et la tendance à l'opus operatum, à l'efficacité du sacrement par lui-même. Le baptême cesse d'être le signe de la Grâce qui convertit, pour être en lui-même instrument de salut. Dès lors, si on veut que le petit enfant (naturellement damné à cause de la transmission du péché originel) soit sauvé, il doit être baptisé tout de suite, à sa naissance, avant qu'il ne risque de mourir. On rapproche par conséquent le salut du moment de la naissance. Mais comme en même temps on revalorise la Nature qui n'est plus radicalement mauvaise, on acquiert la conviction que l'âme est empêchement, un vice, le péché originel qui n'est plus qu'une sorte d'obstacle dont triomphe le baptême.

Très vite après, on en vient à la formule : Anima naturaliter christiana, qui est l'exact pendant du « musulman naturel ». Or, cette naturalité de la foi, cette conception d'une transmission du statut de chrétien de façon quasi héréditaire, statut car en effet à partir de ce moment, être chrétien dans cette société devient une sorte de statut, d'état qui en même temps établit l'appartenance à l'Eglise et à la société (ce qui est bien confirmé puisque l'excommunication est exclusion en même temps de l'Eglise et de la société), est l'inverse de l'oeuvre de Jésus-Christ. Il faut insister sur cette superposition de la chrétienté à l'Eglise, qui est en effet l'exacte réplique de ce qui était enseigné par l'Islam. A partir du moment où l'anima est naturaliter christiana, forcément la société est faite de « chrétiens », il ne peut en être autrement. Déjà, avec les empereurs chrétiens, il y avait une poussée en ce sens, mais c'est le modèle islamique qui va être ici décisif. Chaque fois, nous trouvons le même thème : il faut faire pièce à l'Islam, mais cela conduit à l'imiter. [...]

Dans ce domaine de la relation à Dieu, il y a encore deux autres aspects où le christianisme se révèle influencé par l'Islam : la mystique et l'obéissance. La mystique n'est pas essentiellement chrétienne. Je dirais même, à la limite, qu'elle est plutôt antichrétienne. Je sais que ceci provoquera de la peine ou de la colère chez certains. Et cependant, quand je regarde la Bible, je ne vois guère d'exemples de mystiques. Paul fait allusion à son expérience, je connais quelqu'un qui fut élevé jusqu'au septième ciel, si ce fut avec son corps, ou sans son corps, je ne sais, etc. Mais ce n'est pas une volonté délibérée de la recherche d'union avec Dieu, un mouvement ascensionnel de l'homme : il fut pris, happé. Force extérieure à lui, comme le char de feu qui vient prendre Elie ou comme la main qui transporte Daniel. Rien de plus. Nous voyons dans l'Ancien Testament des prophètes. Dans le Nouveau, nous rencontrons des apôtres. Dans l'énumération des dons spirituels, il n'est pas question de dons mystiques. On nous dit d'imiter Jésus-Christ, mais en rien de nous unir à Dieu par notre ascèse.

 

jeudi, 31 janvier 2008

Consensus islamophobe


"An “overwhelming majority” of Europeans believe immigration from Islamic countries is a threat to their traditional way of life, a survey revealed last night.

The poll, carried out across 21 countries, found “widespread anti-immigration sentiment”, but warned Europe’s Muslim population will treble in the next 17 years."

 

Europeans think Islam is dangerous

 

Tripler dans les 17 prochaines années...  Bonne année, alors, profitez bien de 2008, les suivantes risquent d'être quelque peu mouvementées.

 

 

mardi, 22 janvier 2008

My Charia amour...

Tandis que l'Iran exige des Pays-Bas qu'ils interdisent le film sur l'islam annoncé par Geert Wilders, en Angleterre, des citoyens britanniques se soumettent à des tribunaux islamiques.
Bientôt dans ton tié-quart, cousin...

"Amnah est une musulmane britannique moderne. Elle est vêtue d’une jupe en denim et sa tête est couverte d’un hijab. Posée et assurée, elle en est venue à rencontrer M. Suhaib Hasan, un cheikh à la barbe argentée qui est assis derrière son bureau, entouré de livres religieux.

« Mais pourquoi est-ce que je dois observer la période d’attente ? » lui demande-t-elle.
« Ces motifs ne s’appliquent pas à moi, c’est ce qui me rend très confuse. Si vous pouviez me donner les raisons pour lesquelles je dois attendre trois mois, alors je comprendrais. »

Amnah traverse un divorce, et est déconcertée d’apprendre qu’elle devra attendre trois mois pour se remarier, compte tenu qu’elle n’a pas vu son ex-mari depuis deux ans.
Elle tord ses orteils couverts de chaussettes dans le tapis, saisissant sa main de l’autre main sur ses genoux, et fixe le Dr Hasan avec un regard intense. Il répond simplement : « Ces décisions sont toutes dans le Coran. Ces règles s’appliquent à tous. »

Amnah n’a guère d’autre choix que de se conformer : Dr Hasan est un juge, et il s’agit d’un tribunal de la charia - dans l’est de Londres."

Et après ça, Brown de renommer le terrorisme islamique "activités anti-islamiques"... Ah, novlangue, quand tu nous tiens !

[Voir Point de Bascule]

mercredi, 16 janvier 2008

La Hollande, l'autre pays de l'islam...

2002 - Assassinat de Pim Fortuyn.

2004 - Assassinat de Theo van Gogh.

2008 - Geert Wilders a de très grosses couilles...

 

 
Teaser de Forbidden, sortie prochaine sur Youtube.
 

jeudi, 03 janvier 2008

Mouslim contre Mouslim

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Philippe Muray avait, dans ses Exorcismes Spirituels IV : Moderne contre Moderne, annoncé et décrit avec son habituel talent le Bien qui en vient aux mains avec le Bien. Le moderne modernisant qui se crèpe le chignon avec la modernité modernante, non seulement il allait falloir s'y faire mais on n'allait plus voir que ça.
Pour bien commencer cette année 2008 qui n'aura, je le sais, de cesse de ne pas nous décevoir dans sa capacité à faire plus et mieux que 2007, offrons-nous une bonne tranche de rigolade avec une incarnation spécifique de ce modernissime antagonisme, en l'occurrence sa version islamique : aux Pays-Bas, un ouléma a publié une fatwa prohibant pour les femmes l'usage du vélo, arguant que celui-ci provoquerait chez celles-là qui le pratiquent une excitation sexuelle.
Tollé, polémique, aux armes citoyennes et engagées, etc.
Et en voiture pour le débat participatif, ouvrons-lui gaiement les guillemets :
"Les musulmanes vivant aux Pays-Bas n’ont pourtant pas le choix que d’utiliser le vélo, le moyen de transport le plus populaire en Hollande, avec plus de 30 millions d’unités dans le pays. D’autant plus que de nombreuses femmes peinent à s’offrir un permis de conduire et une voiture, et se retrouvent ainsi dans l’obligation d’apprendre à pédaler et de braver ces interdits. Les musulmanes les plus conservatrices respectent la fatwa à la lettre, et assimilent le vélo à un objet sexuel."
"Elaph.com a interrogé plusieurs femmes musulmanes, d’origine somalienne, irakienne, algérienne ou marocaine... Elles sont partagées entre l’utilité du vélo, un outil de transport indispensable, la fatwa le prohibant, et les difficultés de l’apprendre et de le pratiquer. Ainsi, Hassiba, une marocaine, s’est retrouvée à l’hôpital après une chute due à sa robe, qui a coincé la chaîne du vélo..."
"Notons que plusieurs dizaines d’internautes ont réagi à cet article, sur Elaph.com. Les plus radicaux approuvent l’interdiction du vélo pour la femme, mais de nombreux intervenants rappellent que les femmes, durant les conquêtes musulmanes des premiers siècles, contribuaient au jihad à dos de chameaux dont la pratique est bien plus excitante sexuellement que le vélo. Et de ce fait, ils dénoncent l’auteur de la fatwa interdisant le vélo estimant qu’il contredit les pratiques des premiers compagnons du Prophète."
[source : Mediarabe]

ps : par ailleurs, cela ne laisse pas de me conforter dans l'idée que l'extrémisme islamique contribue aussi et surtout à faire passer la pilule de l'islamisation douce.

samedi, 15 décembre 2007

L'image du jour

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Autriche : un jardin d’enfant à Donaustadt, dans la banlieue de Vienne (via BafWeb)

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« Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils. C’est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire »

Boumedienne, à l’ONU, 1974

jeudi, 13 décembre 2007

La trêve des cons

Aux "idiots utiles" d'Europe, pour qui la défense de l'islam RATP* est un acte de résistance anti-fasciste, alors qu'il fait d'eux des janissaires.
 
"Quelles seraient les questions délicates à poser aux décisionnaires religieux de l'islam, investiguant la nature du rapport que celui-ci pourrait entretenir avec un État laïque d'identité française ? C'est la reconnaissance des non-musulmans qui pose, avant tout, problème avec l'islam. Il faudrait que les autorités de l'islam déclarent sous quelle catégorie elles considèrent la France comme territoire, à la fois géographique et symbolique.
On le sait, la théologie musulmane divise la planète en deux zones, Dar el Islam, la «Maison de l'islam» où doivent régner la paix et la loi coranique dans un univers qui doit être musulman et le Dar el Harb, la «Maison de l'épée» où règnent la guerre et la conquête islamique pour faire triompher le Coran sur les infidèles. C'est là que prend place le djihad, la guerre sainte. Dans cet espace, les non-musulmans n'ont aucun droit et leur avenir est de devenir musulmans (...). Il existe cependant une troisième catégorie d'espace, le Dar el Solh, la «Maison de la trêve» qui, comme son nom l'indique, ne fait que suspendre la guerre contre la «Maison de l'épée», les infidèles, lorsque les conditions de la guerre ne sont pas favorables aux musulmans.
On comprend qu'il y a là l'obstacle majeur à l'intégration de l'islam dans la République. Il faut donc que les autorités musulmanes européennes déclarent solennellement renoncer à la doctrine politique du djihad et donc à cette partition du monde qui empêche toute reconnaissance du non-musulman. Il ne suffirait pas en effet que ces autorités se prononcent sur la catégorie à laquelle appartient l'Europe, car la meilleure catégorie serait celle du Dar el Islam, ce qui impliquerait que l'Europe se soumette à la loi islamique. Déclarer que l'Europe relève de la «Maison de la trêve» comme le fit Tariq Ramadan dans l'émission «Ripostes» de Serge Moati, ne peut en aucune façon rassurer les Européens, on le comprend, car le propre d'une trêve est de finir (...).
L'islam a en effet un problème de taille : il a toujours vécu en majorité même quand il fut dominé. Il a donc naturellement du mal à s'accepter et à se comporter en minorité. C'est tout un travail d'autoréforme qu'il a ainsi à accomplir. C'est ce que firent le judaïsme et le christianisme, en se repliant sur la mystique à défaut de pouvoir se poser dans l'étatique. Le messianisme juif, avec ses attentes dans l'historico-politique, avait constitué un obstacle lors de l'émancipation. Ses représentants trouvèrent une formule pour l'universaliser et le repousser à un avenir indéterminé.
Le deuxième ordre de questions doit concerner la façon dont les autorités de l'islam européen considèrent les autres religions, le judaïsme et le christianisme, si elles acceptent leur légitimité et si elles renoncent au prosélytisme actif. Si des non-musulmans veulent se convertir à l'islam, c'est leur droit (et l'inverse est aussi vrai) mais l'islam ne doit pas dans une République et un État démocratique partir à la conquête des âmes, à l'islamisation de la société civile car cela ne manquerait pas de réveiller en retour la guerre des religions et la surenchère concurrentielle entre elles.
Le troisième ordre de questions doit clarifier le système d'autorité de l'islam afin de désigner des responsables de la doctrine et du bon ordre de la vie religieuse. Avec une particulière attention pour les rapports avec les puissances musulmanes mondiales dont l'islam français comme religion devrait se séparer. (...)
Enfin, quatrième ordre de questions concernant le statut personnel et notamment celui de la femme. Un aspect capital qui commande le rapport à l'autre. Les autorités musulmanes européennes doivent confirmer qu'elles reconnaissent la liberté et les droits de la femme, son droit à divorcer, à contracter mariage avec qui bon lui semble. Elles doivent confirmer la prééminence du droit civil sur la charia.
Ces réponses à ces questions décideront si oui ou non un islam français est possible, si la République peut intégrer l'islam dans ses rangs et l'État avoir confiance dans la population qui se recommande de cette religion. Tout comme on l'a dit pour ce qui est de la décision de la France d'intégrer cette population, qu'on ne peut imaginer négative sous peine d'une guerre civile, on ne peut imaginer de réponse négative à ces questions de la part de l'islam français sous peine d'une très grave crise.
Pourquoi ne pose-t-on pas ces questions ? Parce qu'on a peur que la réponse soit négative ? C'est justement ce qui empoisonne l'atmosphère et fait croître le soupçon, le racisme d'un côté et le ressentiment de l'autre. Qu'on les pose une fois pour toutes, et le problème sera réglé, pour le pire ou, je veux le croire, le meilleur !"
 
Shmuel Trigano, La Démission de la République. Juifs et musulmans en France, PUF, 2003.
 
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* RATP : Religion d'Amour, de Tolérance et de Paix. 

samedi, 08 décembre 2007

Intemporel Top Model

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Pierre Belon du Mans, Les observations de plusieurs singularitez & choses memorables trouvées en Grece, Asie, Judée, Egypte, Arabie & autres pays estranges, Paris, Guillaume Cavellat, 1555.

vendredi, 30 novembre 2007

Formation des imams

dimanche, 11 novembre 2007

Chercher au coeur !

Lu sur Le Devoir de Précaution :

"Un organisme américain, le CSPI (Center For The Study of Political Islam) a entrepris l’étude systématique des textes sacrés islamiques et de l’histoire de cette civilisation de manière à en tirer des enseignements plus solides que le simple affrontement d’experts.

Le CSPI a ainsi appliqué des méthodes statistiques toutes simples aux textes islamiques de base pour savoir par exemple ce qu’est le djihad — une guerre ou un effort moral? En compilant tous les hadiths de Bukhari qui en parlent, on peut affirmer que

Dans Bukhari, 97% des références au djihad sont consacrées à la guerre et 3% parlent de lutte intérieure. La réponse statistique est donc que le djihad est une guerre à 97% et un effort moral à 3%. Le djihad est-il une guerre? Oui, à 97%. Le djihad est-il un effort moral? Oui, à 3%.

 

Le porte-parole du CSPI avance une théorie intéressante selon laquelle, dans l’Islam, comme la base de toute vertu et de toute rectitude est le Coran et que celui-ci est contradictoire, on s’est habitué à soumettre les raisonnements à une logique dualiste: une chose n’est jamais juste ou fausse, elle est toujours les deux, en fonction des circonstances, lesquelles dépendent aussi, dans toute la mesure du possible, des textes sacrés. Et cela détermine d’abord la morale de l’Islam. Ainsi,

Il y a 146 références à l’enfer dans le Coran. Seuls 6% de celles-ci sont liées à des fautes morales — meurtre, vol, etc. Les 94% des raisons de se trouver en enfer reposent sur le délit d’opinion qui consiste à affirmer un désaccord avec Mahomet — un crime politique. Ainsi, l’enfer islamique est une prison politique pour ceux qui critiquent l’Islam.

 

Et la politique, enfin cette politique-là, se taille la part du lion des textes islamiques soi-disant religieux:

Au moins 75% de la Sira (biographie historique de Mahomet) est consacrée au djihad. Quelque 67% du Coran créé à la Mecque sont consacrés aux mécréants ou à la politique. Sur la partie du Coran révélée à Médine, 51% sont consacrés aux mécréants. Environ 20% de tous les hadiths de Bukhari parlent du djihad et de politique. La religion est la plus petite partie des textes fondateurs islamiques.

 

Bien sûr, chaque individu est libre de se concentrer sur l’aspect religieux. Mais pas les dirigeants, pas les juristes, pas les  politiciens, pas les gens vraiment actifs socialement — eux doivent naturellement maîtriser et considérer l’ensemble des écritures pour gouverner, légiférer, décider, s’orienter. Ils sont ainsi absolument obligés, dans leur ensemble, de tomber dans le piège des textes sacrés."

Rappel : chaque année depuis 2001, à Bruxelles, le prénom le plus donné aux nouveaux-nés est Mohamed.