vendredi, 12 octobre 2007

Du rêve pour les oufs

    Pas une semaine qui passe sans que l'on regrette que Philippe Muray ne puisse s'esbaudir avec nous de la nouvelle réalité.

    Au journal télé, hier soir, j'apprends que dans je ne sais plus quelle banlieue française, le maire, pour remédier aux intolérables dégradations des halls d'immeubles perpétrées par des jeunes-victimes-du-racisme-et-de-l'exclusion-et-qui-voudraient-pourtant-tellement-créer-leur-entreprise, a trouvé la solution. La génialissime idée, à la confluence de l'art contemporain et du bon sens, n'attendait que de trouver l'esprit dans lequel elle s'incarnerait avec l'évidence la plus moderne : construisons un hall d'immeuble... sans immeuble.
L'édifice (j'ose espérer qu'ils n'en ont construit qu'un unique exemplaire) est une sorte d'énorme cabane de tôle blanche et rouge (manquait un peu de vert, quand même...) en forme de pavé, défigurant un peu plus un paysage sans nom. Et il restera bien sûr immaculé et déserté. Immaginez un peu les cailleras : "Wesh, cousin, viens on va niquer les fausses boîtes aux lettres (là, je n'invente pas !) ça va trop pas les faire chier, hin hin hin !"
   
    En voiture, ce matin, j'écoute un peu les infos et j'apprends cette fois-ci que la banlieue serait en train de se vider de ses médecins. On sait que le phénomène touche aussi les campagnes, où les jeunes médecins dynamiques ne pourront certes ni faire fortune ni trouver un Gap à moins de cent kilomètres à la ronde, mais les banlieues, on ne voit vraiment pas ce qui les fait fuir. Le cas est visiblement particulièrement grave à Bobigny, et une autorité médicale interviewée disait que si la tendance ne s'inversait pas, dans quelques années, c'est Médecins Sans Frontières qui devrait s'occuper de ces territoires. Sur le ton de la boutade, bien sûr, mais en soulignant bien que l'idée n'était pas si farfelue que ça, et qu'il ne voyait à l'heure actuelle pas vraiment d'autre perspective.

"Je vous souhaite le bonjour.
Nous vivons une époque moderne."