vendredi, 05 octobre 2007

C'est la noise que j'préfère (3)

60d8ba02a458df2a66f0f5929e01a627.jpgSonic Youth. Parce que dès le premier disque, ils étaient les meilleurs.

World Looks Red (Confusion is sex - 1995)

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mardi, 25 septembre 2007

C'est la noise que j'préfère (2)

e4f2c968061906b803b33dce625353c2.jpgA la question "Si tu devais ne garder qu'un seul disque ?", il m'est souvent arrivé de répondre Loveless. Avant tout, cet album a irrigué quelques unes de mes années post-adolescentes, et son écoute réactive toujours à coup sûr une sensation sépia plutôt agréable. Mais d'un point de vue uniquement musical, on peut dire que ce disque est une de ces pierres blanches qui jalonnent l'histoire du rock (indépendant). Kevin Shields utilise déjà dans l'album précédent l'échantillonnage des guitares mais avec Loveless, la tête pensante de My Bloody Valentine arrive à une alchimie parfaite entre nappes de guitares remixées, voix éthérée, et mélodies pop entêtantes. Ce fut malheureusement aussi l'album testamentaire de MBV, comme s'il n'était pas possible d'aller au-delà, plus loin, de faire mieux ou aussi bien. D'ailleurs, la cohorte de ceux qui se sont essayés à jouer sur le même terrain le savent bien. Shoegaze est le terme habituellement employé pour qualifier ce genre, mais le cas MBV est atypique et ne saurait se laisser ni étiqueter ni copier.

Faire un choix entre les morceaux relevait du casse-tête, j'en ai finalement choisi deux, énergiques et on ne peut plus pop. Voici Only Shallow, qui ouvre l'album :

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Et puis When You Sleep, tout aussi pimpant :
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[Les guitares compressées de MBV avaient déjà résonné en ce lieu >>> ]

 

mardi, 18 septembre 2007

C'est la noise que j'préfère (1)

Puisque Fromageplus tarde à nous abreuver de son "keupon de la semaine", je m'en vais créer la Noise de la semaine.

"Prononc. et Orth.: [nwa:z]. [--] vieilli et provincial selon ROUSS.-LACL. 1927, p.133. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 «bruit, tumulte» (St Alexis, éd. Chr. Storey, 422; 502); ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1455; 3842); 2. ca 1165 «dispute, querelle» (BENOÎT DE STE-MAURE, Troie, 17424 ds T.-L.); 1re moitié XIIIe s. faire noise a «engager une querelle avec (quelqu'un)» (Guillaume de Palerne, 9641, ibid.); 3e quart XVe s. mouvoir noise a «id.» (GEORGES CHASTELLAIN, Chron. ds OEuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t.3, p.416); 1611 cercher noises pour noisettes «susciter une querelle pour un rien» (COTGR.). L'étymon communément proposé est le lat. nausea, gr. , var. de  «mal de mer; envie de vomir», v. nausée; cf. le dér. dial. naucheux «qui a la nausée» (COTGR.). L'a. prov. nauza atteste un 1er sens dér. «chagrin, affliction, ennui» (ca 1160-80, BERNARD DE VENTADOUR, éd. C. Appel, 4, 41; 3e tiers XIIe s., GIRAUT DE BORNELH, éd. A. Kolsen, IX, 5; passé en m. fr.: 1544, M. SCÈVE, Délie, CCCLVIII, 6, éd. E. Parturier, p.246), dont est peut-être dér., dans le domaine fr., celui de «querelle» et de «bruit, tumulte» (également att. en a. prov.: 3e tiers XIIe s. «querelle» GIRAUT DE BORNELH, XLIV, 15; ca 1180 «bruit, tapage» Girart de Roussillon, éd. W.M. Hackett, 4581; 1225-28 Jaufré, éd. C. Brunel, 3487)"
(Le TLFi, c'est pratique.)

Quel rapport avec la musique populaire, s'interrogeront les plus vifs de mes lecteurs... Il suffit de passer à l'anglais, très chers. Je ne vais pas hic et nunc m'adonner à une histoire du rock, même brève, mais gardons simplement en tête que la noise traverse à peu près synchroniquement le champ de la musique, de la plus savante à la plus vulgaire. En ce qui me concerne et pour des raisons purement autobiographiques, je focaliserai en particulier sur ses manifestations contemporaines que sont le noisy rock et la noisy pop, laissant de côté la techno et la musique industrielle.
Contrairement au punk, la noise me semble complètement désengagée politiquement : c'est d'un point de vue entièrement esthétique que se fonde tout d'abord la noise, même s'il s'agit justement d'un refus de l'esthétique. Au no future (dégagé lui aussi des pesanteurs du Beau) fait écho le no aesthetic du bruitisme. Par la suite, tout cela se brouillera, bien entendu. Les expérimentations des groupes légendaires les plus anciens ouvriront la voie et la jeunesse sonique n'aura de cesse d'arpenter et de cartographier ces territoires musicaux plutôt arides et d'accès difficile pour les tympans un peu fragiles.
Pour ce rendez-vous hebdomadaire, sachez que je ne me soucierai pas de chronologie, mon ambition n'étant pas de rédiger une étude encyclopédique du genre en question.
Pour l'heure, place à la musique, à l'électricité, au bruit, entre autres, avec J. Mascis et son groupe (séminal) Dinosaur Jr. pour un Feel the Pain* aux cheveux gras de slacker, à l'haleine lourde de nicotine, mais à la légèreté post-adolescente indéniable.
* extrait de l'album Without a sound