jeudi, 15 novembre 2007
Pschittt !

Cela me trotte en tête depuis un certain temps. Je crois que l'heure est venue.
Voilà, moi aussi, j'entame une grève. Sans préavis. Illimitée.
Je fais la grève de l'information. Et la grève du blog.
Je constate qu'un sevrage s'impose, pour des raisons de temps, de sanité. Un recentrage. Privilégier l'étude, la famille, les vrais projets.
A la corbeille, les flux RSS, à l'index, les blogs... Ils ont été pour moi source de savoir, de divertissement. Ils deviennent un peu trop envahissants.
J'ai toujours été dubitatif sur l'intérêt à être soi-même un média (médium ?). Pour le coup, l'islamo-vigilance se passera très bien de moi.
Je tiens à remercier très chaleureusement les quelques fidèles lecteurs de Post, ceux qui passaient ici de temps en temps, et ceux qui y trouvèrent ponctuellement quelque intérêt.
Je reste joignable sur MSN (para.chute@hotmail.fr) et par mail.
[Petra Haden reprend les Beach Boys, God Only Knows]
10:25 Publié dans Journal 2, Muzak | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : grève
vendredi, 12 octobre 2007
Du rêve pour les oufs
Au journal télé, hier soir, j'apprends que dans je ne sais plus quelle banlieue française, le maire, pour remédier aux intolérables dégradations des halls d'immeubles perpétrées par des jeunes-victimes-du-racisme-et-de-l'exclusion-et-qui-voudraient-pourtant-tellement-créer-leur-entreprise, a trouvé la solution. La génialissime idée, à la confluence de l'art contemporain et du bon sens, n'attendait que de trouver l'esprit dans lequel elle s'incarnerait avec l'évidence la plus moderne : construisons un hall d'immeuble... sans immeuble.
L'édifice (j'ose espérer qu'ils n'en ont construit qu'un unique exemplaire) est une sorte d'énorme cabane de tôle blanche et rouge (manquait un peu de vert, quand même...) en forme de pavé, défigurant un peu plus un paysage sans nom. Et il restera bien sûr immaculé et déserté. Immaginez un peu les cailleras : "Wesh, cousin, viens on va niquer les fausses boîtes aux lettres (là, je n'invente pas !) ça va trop pas les faire chier, hin hin hin !"
"Je vous souhaite le bonjour.
Nous vivons une époque moderne."
13:05 Publié dans Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Philippe Muray, Philippe Meyer
samedi, 28 juillet 2007
Lettre ouverte à ma belle-soeur de gauche
Je suis exténué. Tout le monde a l'air si sûr d'être ou bien de gauche ou bien de droite, que j'en viens à me demander s’il est tolérable de ne me sentir ni l’un ni l’autre. Ou parfois, l’un et l’autre. Ou encore quelquefois l’un, d’autres fois l’autre. Serait-ce lâcheté, ignorance ou imbécillité que de ne pas prendre place sous la bannière d’un des camps en lice ? Comme d’autres, tu ne sembles pas douter, alors même que tu es loin d’être imperméable à la nuance. Mais la droite, c’est forcément moisi. Il faut donc ne pas être de droite.
Quand j’étais plus jeune, j’étais de gauche. J’étais cool et forcément de gauche. Ivre d’être cool et de gauche. Pourquoi ? Parce que j’étais mou. Cool et mollement dans la vie : mollement artiste, un brin autiste, un poil anarchiste, un rien nihiliste. En fait, l’exercice de la pensée n’était pas un domaine où j’excellais, bien qu’à l’époque, j’aurais été furieusement vexé que l’on me le démontrât.
Adolescent, je m’enorgueillissait secrètement de lire les surréalistes et Burroughs. Snobisme du gauchiste. D’une famille ouvrière aux racines paysannes, la culture, pour moi, c’était la télé, et pour le reste, l’école saurait bien m’y porter. C’était du moins ce que devait s’imaginer mon père. Je n’étais pas de gauche par réaction à des parents de droite ou par adhésion à un discours tenu par des parents de gauche – mon père serait plutôt gaulliste contrarié et ma mère n’y entend goutte en politique – mais, comme mes amis, j’étais à gauche parce qu’antiraciste, j’étais à gauche parce que vaguement internationaliste, j’étais à gauche parce qu’artiste, parce que désinvolte et l’air de rien. Cela tombait sous le sens, allait sans dire.
J’étais le fruit de mon époque, 15 ans en 1990 : en roue libre sur la grande piste des Potes, sur fond de hip-hop, flanqué d’un crew d’arabes et de noirs, dopé à l’esthétique des racailles… puis sur fond de rock, trimballant horde de slackers, rétamés aux joints et à la Pils. Je ne voulais rien comprendre du politique, et d’ailleurs, j’étais bien au-dessus de ça. Se vautrer dans la contre-culture sans savoir ce qu’est la Culture fut l’acmé de mon gauchisme informe, informulé, éperdu. Sur ma droite, les vieux cons et les fachos !
Et puis Dantec vint. Son roman Les racines du mal fut le parfait hameçon. Je restai fidèle lecteur, son premier journal me dévoilera ensuite des terres intellectuelles et littéraires inconnues. Sous le choc, je mesurai en très peu de temps l’étendue des dégâts et de mes lacunes. Je me souviens parfaitement de cet accès à la conscience, véritable démystification. Je me souviens très bien de ma honte, aussi. Honte d’avoir été ce chien de Pavlov en ayant cru être dans les rangs de la dissidence !… Tout ce temps perdu, à rattraper désormais. Mais qu’ont-elles donc éveillé en moi, ces lectures de Dantec, de Bloy, de Muray, de Finkielkraut, de Renaud Camus ? Et surtout, qu’est-ce qui a fait que, plutôt qu’être horrifié par ces horribles pensées réac, j’ai dû me hâter de me défaire de tous les réflexes, tous les codes, toutes les clés, qui me structuraient jusqu’alors ? Je n’ai pas de réponse, la mue devait se faire. Je me dis souvent qu’elle aurait pu ne pas. J’ai la sensation d’être sorti d’un long rêve fade, poisseux et stérile. De l’air !
Dans une société et un milieu où la gauche fut l’incarnation du Bien durant des décennies, le liquide amniotique dans lequel nous baignions, il me semble nécessaire, pour qui aspire à la liberté de penser, de tirer un peu vers la droite. Par pour viser le centre, mais parce qu’il n’est de vie libre et créatrice que dans cette tension entre les forces de progrès et les forces de conservation.
Enfin, et c’est un peu mon coming-out à moi, si je devais m’engager aujourd’hui, ce ne serait ni pour la droite, qu’elle soit néo-réac, facho-chic, lib-cons, démocrate, à vélo ou à jarretelles, ni pour la gauche, quelle qu’elle soit. Si je devais m’engager aujourd’hui, ce serait pour ce qu’à défaut d’autre terme, je nommerai islamo-vigilance.
Bien à toi.
14:45 Publié dans Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : gauche, droite, conservateur, réactionnaire
jeudi, 26 juillet 2007
VRACances
Achevé (enfin) la lecture du Camp des Saints, de Jean Raspail, lu (dévoré) La Horde du Contrevent, d'Alain Damasio, acheté Vu de droite, d'Alain de Benoist pour 2 euros à la kermesse de Locmaria, ainsi que le livre de Gershom Scholem sur Walter Benjamin et La longue route de sable, de Pasolini, dans un charmant "lieu littéraire associatif".
Trois semaines d'une vie simple, saine, en famille, sur des terres où l'on se soucie des paysages, un espace pour le moins préservé, conservé, une parenthèse géographique, une isle.
Je me suis promis de rédiger bientôt, ici, une "Lettre ouverte à ma belle-soeur de gauche", mais qu'elle se rassure, le but sera surtout de faire le point avec moi-même.
De retour ici, renouant avec mes quelques sites et blogs de prédilection, je tombe sur le coming-out de Fromageplus. Me doutais bien qu'il y avait des envies de ce genre dans l'air de la blogosphère. J'ai pour l'instant du mal à y croire (autre chose qu'un simple portail), mais pensons-y encore un peu...
Il y avait d'autres choses encore que je devais consigner dans ce que je voulais à nouveau considérer comme un journal, mais ma mémoire bégaye et je suis fatigué.
"Il n'y rien à gagner ici."
Diabologum - 365 jours ouvrables

22:32 Publié dans Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 29 mai 2007
Journal infime
A mes nombreux lecteurs suisses, je signale que deux notes de ce blog (v1.1) seront lues lors de l'émission Journal Infime, sur la Radio Suisse Romande, le jeudi 31 mai entre 14h et 15h.
A tous les autres, séchez vos larmes : vous pouvez, grâce aux bienfaits de la technologie, ouïr cette lecture dans ladite émission ici.
Sont chouettes, ces Helvètes.
post scriptum : un grand merci à Brigitte Patient
21:55 Publié dans Journal 1, Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, journal infime, radio suisse romande
samedi, 19 mai 2007
Puissance 4
Faire à la main quelques brouettes de béton pour sceller la balançoire - cadeau d'anniversaire de mon fils -, casser l'ancien évier de la cuisine et y substituer un long plan de travail, choses prosaïques qui constituent les activités du week-end et pour lesquelles une pause n'est pas contre-indiquée : j'en profite donc pour répondre, à l'aimable demande d'Isabelle des Charbinières, à un questionnaire sur mon rapport aux livres et aux écrivains.
Les 4 livres de mon enfance (tardive) :
Je n'ai lu que très tard, très peu de livres autour de moi à cette époque. Le tout premier livre que j'ai lu sans y être contraint et avec un réel plaisir, c'est Dix petits nègres, d'Agatha Christie. Plutôt déçu par les quelques polars lus à la suite, découverte du surréalisme [lecture de L'Amour Fou, et Signe Ascendant, d'André Breton] et de la science-fiction, avec la lecture de Dune, de Franck Herbert.
Et puis Les fosses caroline, de Cavanna.
Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :
Shakespeare
Jorge Luis Borges
Georges Bernanos
Philippe Muray
Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais :
Mehdi Belhaj Kacem
Pierre Guyotat
William Burroughs
Sade
Les 4 premiers livres de ma liste à (finir de) lire :
Je viens de commencer Le Cid, de Corneille
Déjà en cours Le Camp des Saints, de Jean Raspail.
Et aussi Pour venger pépère, d'A.D.G.
J'aimerais lire Contamination, de Sarah Vajda.
Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte :
La Bible
MacBeth, Shakespeare
Génie du Christiannisme, Chateaubriand
Don Quichotte, Cervantes
Les derniers mots d'un de mes livres préférés :
"Bien, cela devrait suffire pour aujourd'hui. Et sans doute définitivement.
Avec l'assurance répétée une dernière fois que je ne vous estime pas coupable parce que vous êtes venu au monde comme le fils de votre père, et que je vous estimerais seulement coupable si, par une paresse de pensée se prenant à tort pour de la piété, vous restiez ce fils de votre père.
En vous souhaitant le meilleur, votre
GA
PS : Triste mais vrai : l'infidélité peut être une vertu."
Günther Anders, Nous, fils d'Eichmann.
Les 4 lecteurs dont j'aimerais connaître les 4 :
Julie, Zorglub, Polyphème, Fromageplus
17:25 Publié dans Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
jeudi, 12 avril 2007
Liquidation totale
21:45 Publié dans Journal 2, Muzak | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, démocratie, UMP, Nicolas Sarkozy, Hood, they removed all trace that anything had ever happened here
Coming out
14:20 Publié dans Journal 2, Muzak | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, démocratie, PS, Ségolène Royal, Petty Booka, we'll sing in the sunshine
lundi, 19 mars 2007
Rembobinage Rapide
En voiture, sur une radio "libre" (entendez anarcho-gauchiste), j'entends une reprise de la chanson Les Bêtises, de Sabine Paturel : en allemand, version lyrique avec piano.
Dans une grande surface, je me tiens quelques secondes, perplexe, devant un présentoir ventant le nouveau-né de chez Philips : le rasoir Bodygroom, avec lequel now, you can shave everywhere ("rasage parfait du cou aux orteils" : oui, j'ai bien lu orteils, et non oreilles...). Finalement, je suis bien content d'être velu.
Dans une librairie, une table est dédiée aux éditions La Petite Vermillon / Table Ronde : je feuillette les livres d'Antoine Blondin, Matzneff, Ellul, le Brassens de Vandromme, le Greco de Barrès, hésite longtemps avant de me décider pour Le ciel dans la fenêtre, de Jacques Chardonne. Plus loin, je trouve un "poche" de René Girard, que je voulais justement découvrir.
Devant l'Hôtel des Impôts, un vent glacé me giffle la face, une femme me fait signe : elle s'exprime difficilement, avec un accent slave prononcé, et me tend un courrier. Je comprends qu'elle cherche l'Hôtel des Impôts pour régler sa redevance télé.
Mon expresso, servi par une tenancière qui chantonne toute la soupe que la FM braillarde répand dans l'estaminet, des effluves de cigarillos et des blagues grassouillettes jetées à la cantonnade, à proximité de deux spécimens de cette race d'homme qui ne vit ostensiblement que pour l'argent et l'apparat, qui transpirent cela de la tête aux pieds. Faire abstraction de tout ça pour glaner quelques informations dans le Monde, et tomber sur un pitoyable articulet, intitulé Jean Baudrillard n'a pas eu lieu et rédigé par un un caniche-professeur. Celui-ci, en déposant là sa petite crotte sèche, pense sans doute pouvoir retirer quelque gloire à égratigner gentiment J.B. Les "tâcherons malhabiles de l'Université" dont il se réclame sont visiblement très irrités par l'oeuvre de l'intellectuel insaisissable, inclassifiable, politiquement incorrect, et l'agaçant roquet momentanément sorti de son troupeau grogne devant l'homme libre, l'intellectuel trop humain. Enfin, une fois le coup de pied au cul rendu impossible par la mort de l'homme, bien sûr.
17:20 Publié dans Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 10 mars 2007
La Campagne de France
C'est la ferme où ils sont nés, où ils ont grandi, guidés par l'amour rustre de leurs parents paysans.
Devant le vieux puits désaffecté, il me dit que l'eau était pure et fraîche.
Un vent glacé nous fouette le visage et le soleil fait nos yeux se plisser.
La rivière aussi était limpide. Quand, certains soirs, la question se posait de savoir ce qu'ils allaient manger, ils pouvaient franchir les quelques mètres qui les séparaient du cours d'eau et, une heure après, être de retour à la maison avec de la friture pour quatre. Et puis l'été, une colonie de vacances s'installait un peu plus haut : les enfants venaient passer l'après-midi au bord de l'eau, avec leurs moniteurs. Et surtout, leurs monitrices...
Je suis fait de cette terre.
Je peux entendre les rires enfantins et les cris de joie et les chants ; je peux sentir l'air sain, véhicule des senteurs mêlées de nature et de nourriture. Je vois mon père et son frère, le visage plein d'avenir et les yeux rieurs.
Ces regards que je scrute aujourd'hui sont sans doute les mêmes, un peu plus riches, un peu plus fatigués aussi, et ils me disent à leur manière que, quoi qu'il advienne et où que nous mène la vie, malgré l'ironie et le cynisme, en dépit de la bêtise et de l'insignifiance, il y a de belles choses.
10:20 Publié dans Journal 2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime



