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dimanche, 29 juillet 2007

Convertino Tridentino


podcast

John Convertino - When Mass Was Said In Latin (LP : Ragland)

Fascion

samedi, 28 juillet 2007

Lettre ouverte à ma belle-soeur de gauche

      Chère J.,

    Je suis exténué. Tout le monde a l'air si sûr d'être ou bien de gauche ou bien de droite, que j'en viens à me demander s’il est tolérable de ne me sentir ni l’un ni l’autre. Ou parfois, l’un et l’autre. Ou encore quelquefois l’un, d’autres fois l’autre. Serait-ce lâcheté, ignorance ou imbécillité que de ne pas prendre place sous la bannière d’un des camps en lice ? Comme d’autres, tu ne sembles pas douter, alors même que tu es loin d’être imperméable à la nuance. Mais la droite, c’est forcément moisi. Il faut donc ne pas être de droite.
    Quand j’étais plus jeune, j’étais de gauche. J’étais cool et forcément de gauche. Ivre d’être cool et de gauche. Pourquoi ? Parce que j’étais mou. Cool et mollement dans la vie : mollement artiste, un brin autiste, un poil anarchiste, un rien nihiliste. En fait, l’exercice de la pensée n’était pas un domaine où j’excellais, bien qu’à l’époque, j’aurais été furieusement vexé que l’on me le démontrât.
    Adolescent, je m’enorgueillissait secrètement de lire les surréalistes et Burroughs. Snobisme du gauchiste. D’une famille ouvrière aux racines paysannes, la culture, pour moi, c’était la télé, et pour le reste, l’école saurait bien m’y porter. C’était du moins ce que devait s’imaginer mon père. Je n’étais pas de gauche par réaction à des parents de droite ou par adhésion à un discours tenu par des parents de gauche – mon père serait plutôt gaulliste contrarié et ma mère n’y entend goutte en politique – mais, comme mes amis, j’étais à gauche parce qu’antiraciste, j’étais à gauche parce que vaguement internationaliste, j’étais à gauche parce qu’artiste, parce que désinvolte et l’air de rien. Cela tombait sous le sens, allait sans dire.
    J’étais le fruit de mon époque, 15 ans en 1990 : en roue libre sur la grande piste des Potes, sur fond de hip-hop, flanqué d’un crew d’arabes et de noirs, dopé à l’esthétique des racailles… puis sur fond de rock, trimballant horde de slackers, rétamés aux joints et à la Pils. Je ne voulais rien comprendre du politique, et d’ailleurs, j’étais bien au-dessus de ça. Se vautrer dans la contre-culture sans savoir ce qu’est la Culture fut l’acmé de mon gauchisme informe, informulé, éperdu. Sur ma droite, les vieux cons et les fachos !
    Et puis Dantec vint. Son roman Les racines du mal fut le parfait hameçon. Je restai fidèle lecteur, son premier journal me dévoilera ensuite des terres intellectuelles et littéraires inconnues. Sous le choc, je mesurai en très peu de temps l’étendue des dégâts et de mes lacunes. Je me souviens parfaitement de cet accès à la conscience, véritable démystification. Je me souviens très bien de ma honte, aussi. Honte d’avoir été ce chien de Pavlov en ayant cru être dans les rangs de la dissidence !… Tout ce temps perdu, à rattraper désormais. Mais qu’ont-elles donc éveillé en moi, ces lectures de Dantec, de Bloy, de Muray, de Finkielkraut, de Renaud Camus ? Et surtout, qu’est-ce qui a fait que, plutôt qu’être horrifié par ces horribles pensées réac, j’ai dû me hâter de me défaire de tous les réflexes, tous les codes, toutes les clés, qui me structuraient jusqu’alors ? Je n’ai pas de réponse, la mue devait se faire. Je me dis souvent qu’elle aurait pu ne pas. J’ai la sensation d’être sorti d’un long rêve fade, poisseux et stérile. De l’air !
   
    Dans une société et un milieu où la gauche fut l’incarnation du Bien durant des décennies, le liquide amniotique dans lequel nous baignions, il me semble nécessaire, pour qui aspire à la liberté de penser, de tirer un peu vers la droite. Par pour viser le centre, mais parce qu’il n’est de vie libre et créatrice que dans cette tension entre les forces de progrès et les forces de conservation.

    Enfin, et c’est un peu mon coming-out à moi, si je devais m’engager aujourd’hui, ce ne serait ni pour la droite, qu’elle soit néo-réac, facho-chic, lib-cons, démocrate, à vélo ou à jarretelles, ni pour la gauche, quelle qu’elle soit. Si je devais m’engager aujourd’hui, ce serait pour ce qu’à défaut d’autre terme, je nommerai islamo-vigilance.

      Bien à toi.

jeudi, 26 juillet 2007

VRACances

 

Achevé (enfin) la lecture du Camp des Saints, de Jean Raspail, lu (dévoré) La Horde du Contrevent, d'Alain Damasio, acheté Vu de droite, d'Alain de Benoist pour 2 euros à la kermesse de Locmaria, ainsi que le livre de Gershom Scholem sur Walter Benjamin et La longue route de sable, de Pasolini, dans un charmant "lieu littéraire associatif".
Trois semaines d'une vie simple, saine, en famille, sur des terres où l'on se soucie des paysages, un espace pour le moins préservé, conservé, une parenthèse géographique, une isle.
Je me suis promis de rédiger bientôt, ici, une "Lettre ouverte à ma belle-soeur de gauche", mais qu'elle se rassure, le but sera surtout de faire le point avec moi-même.
De retour ici, renouant avec mes quelques sites et blogs de prédilection, je tombe sur le coming-out de Fromageplus. Me doutais bien qu'il y avait des envies de ce genre dans l'air de la blogosphère. J'ai pour l'instant du mal à y croire (autre chose qu'un simple portail), mais pensons-y encore un peu...
Il y avait d'autres choses encore que je devais consigner dans ce que je voulais à nouveau considérer comme un journal, mais ma mémoire bégaye et je suis fatigué.

"Il n'y rien à gagner ici."
Diabologum - 365 jours ouvrables

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