mercredi, 20 septembre 2006

Ignition

Il sembla s’apercevoir de ma fugitive panique : quand mon regard réussit à s’accrocher à nouveau à cette silhouette déjà familière, je décelai dans la physionomie générale de son visage la bienveillance de qui s’attendrit en guettant sa progéniture. Ses yeux étaient d’un noir profond, bien enfoncés dans leurs orbites. Une mise impeccable témoignait de cet archaïque souci de paraître par respect pour les autres.

Il me prit par le bras et m’entraîna d’un pas vif – je fus d’ailleurs surpris par cette vitalité – à l’écart des grappes des touristes de septembre. Longeant le port en admirant la citadelle, il se débarrassait des politesses d’usage (traversée, fatigue, paysages) tout en s’allumant un cigarillo. Il me proposa de boire un verre avant de prendre sa voiture pour nous rendre chez lui, à Sauzon.

La conversation fut, au début, assez pénible : lui, voulant manifestement remettre au plus tard la raison de ma présence à ses côtés, moi, fatigué par le voyage et mes capacités dialogiques réduites à leur plus simple expression. Après deux ou trois bouteilles de la bière locale pour moi et le même nombre de Martini blancs pour lui – ce qui fit un certain temps, tout de même – il daigna enfin évoquer mon père, comme si le sujet n’avait pu l’effleurer jusque là.

 

Commentaires

Je suis contente de ton retour !

Ecrit par : tinou | jeudi, 21 septembre 2006

la suite ! vite ! s'il vous plait !

Ecrit par : cath | mercredi, 11 octobre 2006

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