dimanche, 27 août 2006
Ombilics
Je viens d’appeler ma mère, pour savoir si le nom de X (cet homme qui m’a contacté il y a trois jours et qui s’est présenté comme un vieil ami de mon père) lui disait quelque chose. Après m’avoir fait répéter à deux reprises, elle m’a dit ne connaître personne portant ce nom. Je ne suis pas bien sûr mais elle m’a paru un peu troublée. J’ai insisté, évoquant l’Algérie, mais elle fut finalement catégorique et me demanda pourquoi je l’interrogeais sur cet homme. Je lui ai répondu que cela n’avait pas d’importance.
Depuis la mort de mon père, j’essaye d’être meilleur fils qu’elle n’a été mère, mais cela ne m’évite pas, parfois, de laisser la rancœur guider mes pensées.
Je lui ai promis que je passerai la voir avec les enfants peu après la rentrée. J’en profiterai pour empocher discrètement les quelques pochettes de photos de mon père. Celles d’Algérie.
Retour d’une hypnotique (et émétique) promenade de blog en blog, car je me dois de connaître l’outil que j’utilise. J’ai le sentiment de revenir d’une heure d’apnée dans la fange : langue atrophiée, stéréotypée, truffée d’approximations, de scies hideuses, de fautes d’orthographe, de vocabulaire techno-moderne, hype, télévisuel, de phrases a-syntaxiques, de poses scripturales ridicules (soyez désinvolte, n’ayez l’air de rien, mais avec ironie, pas dupe), de récits puérils (comprendre trop mignons). Quelques exceptions à la règle, bien sûr. Mais avant tout, c’est la profusion qui est effrayante. Qu’ajouté-je mon raclement de gorge à cette fosse commune ?
« Dans les environs de M., absolument tous les carrefours ont été remplacés par d’odieuses gyroscopies bien plus dangereuses que les carrefours traditionnels. Rien n’est plus beau que deux routes qui se croisent. Et rien n’est plus ridicule que deux routes qui se mettent à s’enrouler pour échapper l’une à l’autre, vouant l’usager à un excès de signalisation inutile. Stupidité des technologies à la mode : les routes se croisent sans se toucher – c’est la philosophie de l’échangeur. Chez les hommes, ça s’appelle la communication »
Jean Baudrillard, Cool memories II22:00 Publié dans Journal 1 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime


Commentaires
pourquoi RAY?
signé un antimoderne
Ecrit par : rere | dimanche, 27 août 2006
début très prometteur, rien à voir avec la fosse commune !
Ecrit par : cath | dimanche, 27 août 2006
Pour éviter la fosse commune, il faut s'en donner la peine ! Cherche bien Ray et tu vas trouver d'excellents blogs.
Ecrit par : tinou | lundi, 28 août 2006
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